LES M201 sahara

 

Cet article est l’adaptation complétée et mise à jour de : La HOTCHKISS M201 SAHARA, Jean-Louis MARTIN in Revue 4x4 STORY, n°29, novembre - décembre 2009 p.36-42 :

 

Chapitre 1 : La genèse

Chapitre 2 : développement sur la base M201, description et caractéristiques des M201 en 6V

Chapitre 3 : l’adoption et la production de la M201 saharienne en 6V puis en 24V

-            la M201 6V n°8665 d’Emile L.

-            la M201 24V n°23469 de Tim TEARLE.

Chapitre 4 : Les SAHARA en service en Algérie

Chapitre 5 : SAHARA et ENTAC : quelle parenté ?

Chapitre 6 : SAHARA : de quelques reconstitutions

Chapitre 7 : la SAHARA 24V de Patrick TEDESCHI

 

◄ cliquez sur l’image pour l’agrandir

 

Remerciements

- aux anciens d’Algérie pour leur aide pour l’illustration de cet article Retrouvez les notamment sur le site : http://delamarejean.free.fr/

- aux personnels du Centre des Archives de l’Armement de Châtellerault pour leur accueil.

 

La genèse

 

Fille des événements d’Algérie

 

La M201 SAHARA est la fille des « événements d’Algérie » (pour reprendre la terminologie de l’époque) et de la recherche pétrolière. Développée pour l’armée française pour des missions de liaison et de reconnaissance dans le sud algérien autour des champs pétroliers et gaziers et de sa base nucléaire de Reggan, elle est directement issue de l’expérience saharienne acquise par HOTCHKISS avec les différentes sociétés de recherche et d’exploitation pétrolière.

 

En octobre 1957, près de Timimoun, des Goumiers ont déserté. Après avoir massacré leurs cadres européens, ils ont rejoint une unité de l’Armée de Libération Nationale (ALN). Le 8 novembre, ils attaquent un convoi de prospecteurs pétroliers et leur escorte de légionnaires. C’est le 3e RPC du lieutenant-colonel BIGEARD qui est chargé de réduire les rebelles difficiles à localiser dans cette zone désertique. BIGEARD a du mal à obtenir les matériels appropriés. C’est finalement une délégation de patrons de sociétés pétrolières qui met à sa disposition des véhicules Land-Rover. BIGEARD les jugera alors plus appropriés que ses jeeps pour les déplacements au Sahara. Cette histoire est l’un des révélateurs des faiblesses des véhicules de l’armée française dans un contexte d’emploi dans des zones désertiques.

 

Sable, cailloux, températures extrêmes, distances, etc. imposent un véhicule spécial. Justement, « la SOFIA (1) […] se flatte d’avoir réalisé la jeep idéale pour le désert en modifiant une jeep Hotchkiss de telle façon que le châssis est renforcé, la suspension améliorée, la circulation d’eau ou le refroidissement adaptés aux températures élevées, la capacité des réservoirs d’essence augmentée pour développer l’autonomie, cependant que l’équipement en pneus a été spécialement étudié en fonction des sables et rocailles. […] » (2). Cette jeep, c’est la JH101 qu’HOTCHKISS a adapté pour les compagnies pétrolières ou le ministère de l’intérieur.

 

(1) La SOFIA (Société de Fabrications industrielles et Automobiles) est à cette époque le distributeur général pour la France et ses territoires des pièces détachées, ensembles et accessoires Jeep de marque HOTCHKISS ou WILLYS-OVERLAND

(2) MOUSSET Paul, Ce Sahara qui voit le jour, Ed. Presses de la Cité, 1959, p.171-172, chapitre XVIII sur les pneus et véhicules sahariens

 

L’inspiratrice : la HOTCHKISS JH101 saharienne

 

Cette expérience amène l’armée française à solliciter HOTCHKISS pour une adaptation saharienne de sa M201. Elle est en cela confortée par les conclusions de l’expérimentation début 1958 du peloton jeeps de la 12e CSPA (Compagnie Saharienne Portée Africaine). Celle-ci a testé durant deux mois dans le grand erg occidental (sud de l’Algérie) des jeeps équipées de pneus MICHELIN XC (sable) et dotées de réservoirs d’essence et d’eau supplémentaires.

 

Pour l’essentiel, HOTCHKISS adapte sur la M201 les solutions éprouvées sur ses JH sahariennes : « La jeep type SAHARA est un véhicule dérivé de la jeep JH101 livrée à la clientèle civile. Elle est équipée à la demande des Compagnies ou Groupements de Recherches au SAHARA et diffère quelque peu entre elles suivant les régions d’utilisation et les idées personnelles des utilisateurs. Trois types sont en présence : la CREPS, le GREP (1) et le Ministère de l’Intérieur pour l’équipement de la Police, des CRS, gendarmes, etc. ». (note du 26 avril 1958).

 

(1) CREPS= Compagnie de Recherches et d'Exploitation du Pétrole au Sahara – GREP = Groupement des sociétés Entrepose et Parisienne, société de pose de pipelines

 

Une présentation statique d’une JH101 SAHARA a lieu le 29 avril 1958.

 

 

La JH101 ex « CREPS » de Patrick ANDRE

 

 

Même s’il manque quelques accessoires à cette JH101 de 1956 et que les quelques 40 ans passés entre les mains de son grand-oncle ont pu altérer les caractéristiques d’origine (absence du préfiltre, des jantes de 13’’, du 2e réservoir, projecteur orientable, supports de roues de secours et de jerricans, etc.), il semble que cette JH soit une ex "CREPS" : clignotants sur les ailes avant, commutateur genre COMODO sur la direction (type 2CV ou traction avant), boite à gants, suspensions hydrauliques type Messier, pompe essence électrique dans un coffre sur le flanc gauche, bande bleu sur capot, jantes bleu, etc.

 

A noter que des adaptations sahariennes ont aussi été montées sur des JH102.

 

 

 

  

26 novembre 2016