Certificat de conformité

 

 

Remerciements à Roland DATWYLER et Jean-Pierre JAMES (dit Louis Albert Benoît de la Borderie) pour la fourniture des documents

 

Le 26 juin 1956, la société HOTCHKISS-DELAHAYE sollicite de la Préfecture de Police de Paris (arrondissement minéralogique de Paris-I) « l’autorisation de présenter pour mise en circulation, [son] véhicule Jeep type M201 » et la prie de « bien vouloir [la] faire convoquer, le plus rapidement possible, par le Service des Mines pour la réception de ce véhicule prototype (n° du moteur 7746 – n° du châssis 980) ». Trois notices descriptives sont jointes ainsi qu’un schéma de commande des freins AV et AR (plan HWOF 81173).

 

La demande est enregistrée sous le numéro AA363-56. Les essais ont lieu le 11 juillet 1956 : le freinage est considéré comme « acceptable ». La puissance fiscale est calculée à 13 chevaux. Le certificat est établi le 13 et envoyé à HOTCHKISS le 16 juillet 1956.

 

A cette date, la production et la livraison à l’armée ont déjà commencé. L’objet de cette réception par le service des Mines est vraisemblablement pour HOTCHKISS de pouvoir immatriculer un ou plusieurs véhicules de démonstration.

 

Le fac-similé en téléchargement reproduit la notice descriptive déposée par HOTCHKISS. Il est complété (parties grisées) des ajouts qui se trouvent sur le certificat de conformité remis par HOTCHKISS aux acquéreurs de son véhicule (feuillet RV, recto reproduit ci-contre).

 

A noter que le prototype n’est pas identique à l’HOTCHKISS militaire de série. Il est fait mention

- d’une batterie 6 volts/45 Ah alors que le modèle Armée 6V est de 90 Ah.

- de 2 clignotants sur les parties latérales gauche et droite arrières de la carrosserie.

- de 2 catadioptres à droite et à gauche de la porte arrière de la carrosserie. Quelle porte ?

 

Il semble qu’HOTCHKISS n’ait homologué qu’un type M201. Il n’y a pas trace dans les archives (*) de certificat de conformité pour les M201 24V, les C201 ou les SAHARA. De plus, c’est bien le certificat de conformité de 1956 qui était remis aux rares acheteurs civils de M201. C’est le cas par exemple pour la M201 24V de post-production 27938 vendue à un particulier en février 1970. Roland Datwyler précise : « beaucoup de véhicules militaires n'ont tout simplement jamais été homologués. C'est le véhicule civil d’origine qui est homologué et a donc une notice descriptive mais il présente, comme pour la M201 beaucoup de différences avec les véhicules militaires. On peut citer les Berliet GBC8MK (Gazelle), 8KT (cabine torpédo), Peugeot P4. A mon avis, Hotchkiss a fait homologuer la 6 volts uniquement dans l'espoir de pouvoir la vendre à d'autres clients tels que ONF, EDF, pompiers, etc. Faire homologuer la 24 volts n'avait aucun intérêt car d'une part, les clients civils pour la 6 volts étaient déjà aux abonnés absents et d’autre part, un véhicule léger en 24 volts dans le civil n’avait pas d’intérêt. Pour comparaison, les quelques Delahaye civiles étaient en 12 volts alors que la version militaire était en 24 volts. Pour rappel, une majorité de voitures étaient en 6 volts jusqu'au début des années 1970 (R4, Dauphine, Ford Taunus, VW, 2CV, HY, etc., ainsi que presque toutes les motos et les petits camion essence (U23, Goelette, etc.). »

 

 

La M201 n°980 du certificat de conformité était une M201 "usine", adaptée notamment au niveau de l'l’éclairage et de la signalisation, pour pouvoir être homologuée. Roland Datwyler apporte les précisions suivantes : « il est plus que probable qu'il n'a jamais été ensuite livré à l'armée car il aurait de nouveau fallu le modifier pour le rendre conforme au cahier des charges de l’armée pour les M201 6V. Ce véhicule est à mon avis resté en interne chez Hotchkiss et a peut-être également servi à d'autres essais ou adaptations. Les constructeurs ont généralement des "mulets" qui ne servent qu'à des essais en dynamique (essais routiers ou sur mauvaise route ou à l'étranger), soit pour résoudre des problèmes, soit pour essayer d'autres organes (BV, moteur, direction, chauffage, etc.). Le mulet une fois usé est le plus souvent détruit. »

 

 

(*) cotes 19900106/46 et 19900108/20 pour les dossiers Hotchkiss. Archives Nationales, site de Pierrefitte-sur-Seine dépositaire des archives du Centre National de Réception de Véhicules de la DRIRE Ile-de-France.

 

18 avril 2026